IV. LES DISQUES D’IMAGES

RAPPEL ….

….. si vous n’avez pas lu dans le menu ART, le sous-menu  PERIODE ELECTRONIQUE

A  l’origine des disques d’images, j’ai eu cette pensée « bête » :

  » Jusqu’ici j’ai créé des objets en utilisant la seule valeur esthétique d’un matériel électronique ou électro-mécanique. Et si j’exploitais aussi sa valeur technique ? Cela donnerait une valeur ajoutée à mon travail « . 

J’ai donc créé des objets dont les composants étaient utilisés à la fois pour leur valeur plastique et aussi pour leur valeur technique. La première réalisation que j’ai faite dans cet esprit a été un rouleau compresseur  ( du type de ceux utilisés par les entreprises de travaux publics ) qui soit aussi un poste de radio. Ce n’est pas de l’art, certes, c’est de l’artisanat. C’est quand même une aventure et qui peut savoir où elle me conduira, à terme ? Voici cet engin bizarre ! Excusez la mauvaise qualité de l’image mais je ne possède plus l’original que j’ai vendu, à l’époque, à je ne sais plus qui !

Engin musical

Or, pendant que je testais la fonction sonore de mon  » rouleau compresseur « , j’ai constaté que la poussière qui était au fond du cône d’un haut parleur bougeait au rythme des impulsions sonores. D’où l’idée d’exploiter cette particularité pour créer des disques d’images composés de petits éléments se déplaçant au rythme de la musique.

Une petite halte s’impose ici. Vous constatez que l’observation d’un détail me suggère des possibilités inexploitées de la réalité d’où des questions-réponses qui les réaliseront. Je passe ainsi d’un monde dans un autre totalement différent du premier. C’est un passeport pour voyager dans d’autres pays. Je m’aventure dans l’un d’eux. Et là, deuxième application du principe de la bascule. Je constate que de la poussière dans un haut parleur se déplace au rythme de la musique. D’où deuxième passeport pour visiter le pays des disques d’images. Voici brièvement esquissé le système qui m’anime pour vagabonder dans des terres inconnues.

 Voici le dispositif très simple d’un disque d’images.

Disque d'images

Ces motifs sont des paillettes traversées par un axe qui les incline, ce qui facilite leur mobilité. Sur fond de lac ( non représenté ici ), les petites paillettes évoquent de façon stylisée des jeunes cygnes qui s’ébattent près de leur mère    ( la paillette plus grosse ). Un épiscope est placé au dessus du décor vibrant. Il agrandit l’image du  » spectacle  » par projection sur un grand écran. L’émotion provoquée par ce qui est vu est amplifiée.

PARTICULARITES DU DISQUE D’IMAGES

Conservons l’exemple de l’illustration de l’étude n° 3 de Chopin.

Quand le pianiste fait un  » forte « , les petites paillettes semblent s’envoler. Elles disparaissent de la zone de mise au point optique. Puis, elles retombent. Alors l’expression d’un vol est saisissante, et par lui celle d’un mouvement qui a les qualités de la vie, pour ne pas dire celles d’une création artistique……..

S’ajoutent à ces effets, les reflets de la lumière, selon l’angle sous lequel elle éclaire chaque paillette, et l’effet d’amplification produit par la projection de cet espèce de ballet sur un écran grâce à un épiscope.

La création de disques d’images m’a fait entrer au coeur de la nature du mouvement. Elle représente un champ d’expériences passionnant. J’ai étudié comment des particules de diverses sortes réagissent aux impulsion musicales transmises par un haut parleur. Par exemple, les déplacements de petites perles en ivoire illustrent bien l »esprit d’un slow, des tiges d’acier, le roulement d’un tambour, etc.

Autres sujets d’études : créer un décor en adéquation avec  l’apparence du motif choisi : Des boules d’ivoire évoquent des planètes. Elles se déplaceront donc  idéalement dans le décor d’un ciel étoilé, etc.

Enfin, la prise de vue filmée élargit le champ des possibilités expressives du  » spectacle « . Les limites de la création sont repoussées.

Pendant que je travaillais à mes disques d’images parfaitement synchronisés à la musique qui les animait, les interludes de la télévision présentaient une fontaine dont le ruissellement de l’eau n’avait aucun rapport avec son fond sonore. Avec mon système, le rapport entre musique et image est évident. Quant au coût, il est dérisoire. Je n’ai pas trouvé ( peut-être parce que je ne l’ai pas trop cherché ! ), de cinéaste avec lequel réaliser les créations intéressantes qu’il reste à faire en utilisant le dispositif que j’ai mis au point.

Constatons qu’ici, comme toujours, j’explore un monde inconnu. Le but de ma recherche est, en quelque sorte, de découvrir une nouvelle langue, d’apprendre le sens de ses mots et de construire des phrases avec. Tout part d’une idée, d’une constatation. Il s’ensuit une suite de questions et de réponses. Parfois, la suite produit un effet surgénérateur : l’observation d’un détail fait passer d’un monde dans un autre. Si vous êtes intéressé par ce type de réflexion, je vous conseille de lire :

LES SCULPTURES MOBILES  : ce texte présente la procédure pas à pas de leur mise au point.

LE PIANO A DESSINER : ou comment je suis passé des mobiles à la mise au point d’un instrument et comment cette aventure m’a fait connaître de grandes pointures de l’art contemporain.

VOYAGE AU COEUR DE LA CREATION : ou les principes mis en oeuvre quand on innove.